Un catholique peut-il dire que la sexualité est un moyen par lequel Dieu nous parle ?
Oui — à condition de préciser ce que l’on entend par « Dieu nous parle ». Cela correspond à la théologie du corps de saint Jean-Paul II.
Dans la perspective catholique, la sexualité n'est pas seulement une fonction biologique ou une source de plaisir. Le corps lui-même possède un langage : les deux personnes sont capables de se donner, de recevoir l'autre et de devenir communion. Jean-Paul II, qui ne prend en compte que la relation hétérosexuelle, parle précisément de la « signification sponsale du corps » : le corps révèle que la personne est appelée au don d'elle-même.

On peut donc dire ceci
La sexualité peut être un lieu où Dieu se révèle à l'homme, parce qu'elle manifeste quelque chose de Dieu et de notre vocation :
Se donner → Dieu est don, et l'être humain est appelé à se donner dans l'amour.
Recevoir l'autre → aimer, ce n'est pas seulement donner ; c'est aussi accueillir l'autre comme un don, sans le posséder.
La communion des corps → le corps peut devenir une expression visible d'une communion invisible entre les personnes.
La fécondité / la « sève de vie » → la sexualité porte en elle une ouverture à la transmission de la vie. L'Église parle d'ailleurs du langage du corps comme ayant à la fois une signification unitive et procréatrice.
Le plaisir et l'émerveillement → ils ne sont pas, dans la vision chrétienne, quelque chose qu'il faudrait simplement tolérer : le pape François parle même de l'érotisme comme d'un don de Dieu qui embellit la rencontre des époux.
Et il y a une formulation particulièrement belle chez Jean-Paul II : le corps « révèle » la personne et sa capacité à aimer en devenant don.
Une nuance cependant : On ne peut pas dire que "Dieu nous parle à travers chaque acte sexuel"
Cela pourrait donner l'impression que tout ce qui est ressenti sexuellement constitue automatiquement un message de Dieu.
Disons plutôt :
« Dans la sexualité humaine, Dieu peut nous révéler quelque chose de son amour et de notre vocation au don. »
Ou, encore plus théologiquement :
« La sexualité humaine est un langage du corps à travers lequel peut se révéler la vocation de l'homme au don, à la communion et à la fécondité. »
Jean-Paul II va même jusqu'à dire que « l'union des corps » est un langage, et que ce langage exprime quelque chose de très profond sur l'amour et l'engagement des personnes.
Il s'agit de donner et de recevoir "'la sève de vie", mais cela doit s'entendre comme une image : dans l'union sexuelle, chacun n'est pas seulement celui qui « donne quelque chose », mais aussi celui qui accueille la vie, le corps et le don de l'autre. Cela rejoint profondément la logique chrétienne du don reçu et du don rendu.
La vie elle-même est d'abord un don reçu avant d'être un don que nous pouvons faire. L'Église parle ainsi de la vie humaine comme d'un don de Dieu destiné à être à son tour donné.
En conclusion, oui : un catholique peut tout à fait penser et dire cela, et ce n'est pas une spiritualisation arbitraire de la sexualité. C'est une manière d'entrer dans la théologie chrétienne du corps — à condition de garder ensemble don, accueil, communion, fécondité et engagement, plutôt que de réduire la sexualité à une expérience mystique individuelle.